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Amy Lee & The Loco Project Band // Lost In Confusion

Dernière mise à jour : 11 août


©Romane Simonneau


Amy Lee & The Loco Projet Band, c'est une joyeuse bande de 4 musiciens nantais (Jérémy Grollier, Emerson Paris, Jules Labrune et Hugo Tocquevile) et un talentueux illustrateur (Maxime Brugnon) qui ensemble tracent les aventures très "comics" d'un univers foisonnant, oscillant habilement entre rock noisy, folk et ambiances post-rock. Fantastiquement frais, leur dernière création, Lost In Confusion, d'une abondante singularité, aborde un ensemble de situations à la fois loufoques et désespérantes, d'un monde pas aussi fictif qu'on pourrait le penser. Solidaire et humaniste, Amy Lee & The Loco Project Band défend par sa musique des idées et des valeurs qui nous touchent tous...



Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur les origines de Amy Lee & The Loco Project Band ?

Jérémy : Tout a commencé en 2014. J’avais deux, trois chansons folks qui traînaient dans mes tiroirs et puis, de fil en aiguille, il y en a eu un peu plus. J’ai donc fini par me lancer dans l’enregistrement d’un album, en solo, à la guitare folk. Et finalement, quelques copains sont venus me rejoindre. Le projet Amy Lee & The Loco projet a donc réellement débuté avec la sortie du premier album éponyme en 2018.

Quelle était votre motivation initiale pour composer cet album ?

Jérémy : A la base, nous étions partis pour faire un 5 titres avec, entre autres, Chemical Love que nous avions également prévu de clipper. Nous sommes rentrés en studio et puis, est arrivé le premier confinement. Du coup, j’ai continué à composer. Comme la situation était bloquée mais que le studio restait ouvert, nous sommes allés enregistrer d’autres morceaux et nous avons finalement décidé de faire l’album.


Comment avez-vous construit ensemble votre univers visuel et sonore ? Et comment faites-vous pour équilibrer le dessin et la musique dans une même énergie ?

Jérémy : Avec Maxime, nous sommes amis et surtout, nous jouions ensemble autrefois dans un groupe appelé Astoria Dogs. Nous avions l’habitude de composer ensemble et de penser la musique à deux. Lui faisait beaucoup de textes et moi, beaucoup de riffs et ça matchait très bien et de manière relativement simple et spontanée.

A l’époque je lui avais dit : « Tu ne voudrais pas tenter un dessin animé pour illustrer les morceaux du groupe ? ». Ce à quoi il m’avait répondu : « Grave mais, ça m’a l’air compliqué et j’ai la flemme. » Ou un truc du genre. Bref, avec Brugnon on se comprend, y’a pas besoin de tergiverser. Généralement, on fait un point au resto Indien et il m’envoie les dessins quelques semaines plus tard. Du coup, quand on a lancé Amy Lee & The Loco Project Band, je l’ai à nouveau sollicité et il a réalisé Chemical Love, qui était donc son premier dessin animé. Il a compris tout de suite où je voulais emmener le morceau et il l’a emmené plus loin que ce que j’imaginais. Il a passé un temps infini et a bossé tout seul sur l’ensemble des trois clips… C’est assez fou quand on y pense.


Justement, Maxime, l'esthétisme de ton dessin (et de tes clips) est par ailleurs très cinématographique. Quelles sont tes influences ?

Maxime : Je suis évidemment un gros fan des monuments du film d'animation en général, les vieux Disney des années 60, tous les Ghibli, les films de Satoshi Kon et KatsuhiroOtomo. J'ai également été biberonné aux animés japonais des années 80-90 et j'ai lu énormément de mangas, ce qui a pas mal influencé la façon dont je dessine et anime. Graphiquement, j'ai été beaucoup marqué par la bande-dessinée Scott Pilgrim de Bryan Lee O'Malley. Pour ce qui est de la mise en scène justement, j'admire beaucoup le réalisateur Edgar Wright qui a notamment signé l'adaptation cinématographique de Scott Pilgrim. J'aime beaucoup le cinéma, et pour ce qui est des clips, je puise effectivement dans ce que je connais.

Pour Chemical Love par exemple, je crois avoir été pas mal inspiré par Kill Bill de Quentin Tarantino et Sin City de Robert Rodriguez, dans la limitation des couleurs et la mise en scène très bande-dessinée, justement.

Crossroads est parti d'une volonté de faire un décor défilant à l'infini, à la Olive et Tom, et est également inspiré de films et de jeux vidéo à l'ambiance post-apocalyptique.

Pour Lost in Confusion, je suis d'ailleurs parti de l'idée de vieux jeux vidéos comme Sonic ou Super Mario, pour les séquences où l'extra-terrestre court, avec une espèce de travelling très horizontal.

En général, j'essaie de mettre le plus d'animation traditionnelle possible dans les clips, mais j'ai quand même fait pas mal d'expérimentations – avec le montage, la 3D, des logiciels d'animation de "marionnettes"… – pour me permettre de gagner du temps et de faire ce que j'avais envie de faire.


Et vous Jérémy Grollier, Emerson Paris, Jules Labrune et Hugo Tocquevile, quelles sont vos influences musicales ?

Jérémy : Beaucoup de pop, folk, rock (Beatles, Oasis, Elliott Smith, Graham Coxon, Nada surf), de trucs noise ou bien vénères (Sonic Youth, At the Drive In…) et pas mal de choses genre Radiohead, MogwaÏ, Explosion In The Sky…

Hugo : Los Saicos, King Gizzard The Lizard Wizard, Night Beats, Creedence Clearwater Revival…

Emerson : Queen of the stone Age, At the Drive in, Bernard Minou, Mars Volta…

Jules : Queen Of The Stone Age, Lysistrata, Vulfpeck, Lampalle…


Pouvoir défendre votre nouvel opus sur scène est forcément excitant. Qu'est-ce que cela représente pour vous ?

C’est un nouveau défi. Nous avons décidé de faire vivre l’aventure Amy Lee & The Loco Project Band avec la diffusion de visuels et de clips animés. Nous voulons proposer autre chose qu’un simple concert de rock, et partager une expérience immersive autour de notre personnage Amy Lee. L’aventure autour du disque a commencé il y a presque 3 ans donc maintenant on veut le jouer, et le partager le plus possible.

Lost In Confusion est un titre extrêmement fort. Quel en est le sens exact ?

Tout est contradiction dans ce monde, et je trouve qu’il est très difficile de trouver un sens à tout ça et de s’offrir des perspectives. J’ai l’impression que tout le monde est paumé, les vieux, les jeunes, les hommes, les femmes, nous. Les cerveaux de l’humanité toute entière semblent fonctionner à l’économie et ça se traduit dans des discours, des évènements que je trouve aberrants, avec en tête le déni de la crise climatique… pour ne citer que ça.

Bref, dans ce contexte j’ai imaginé un extraterrestre qui s’écrasait chez nous par hasard, suite à la collision avec des touristes de l’espace de chez ElonMusk. Alors qu’il se retrouve sur la planète et tente de solliciter l’autochtone pour de l’aide, il comprend que le monde est fou et qu’il vaut mieux fuir.


Dans vos chansons il y a aussi une véritable recherche de sens avec des messages forts. Comment décidez-vous des thèmes à aborder ?

En fait, il n’y a pas vraiment de réflexion. Mais de façon générale, tous les textes parlent de cette contradiction tant sur le plan personnel que global, comme si, d’une certaine façon, cette confusion personnelle faisait régner ce désordre mondial ou l’inverse. Pour le coup, on peut en débattre ☺ C’est comme ça que le titre Lost In Confusion s’est imposé comme nom d’album.

La suite pour Vous, c'est quoi ?

La scène, faire un beau show pour faire vivre notre musique et nos dessins, de nouvelles chansons et se laisser porter un peu pour voir où tout cela mène.


Stéphane Perraux


Notons sur nos agendas qu'Amy Lee & The Loco Project Band sera en concert à la Guinguette du MeM (Rennes) le vendredi 19 août 2022, à 19h30 (gratuit).


Lost In Confusion (Morning Wood Production) Juin 2022




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