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LUPO // Nuits d'ailleurs


©CLAIRE HUTEAU


Avec LUPO, la nouvelle tribu formée par René Bergier au chant (La Belle Bleue), Nicolas Hild à la batterie (Alan Stivell, Republik) et Fabien Tabuteau aux synthés (Alan Stivell, Bye Bye Panke), nous abordons de nouveaux territoires sonores sauvages où nous traquons nos plus profondes émotions. Nuits d'ailleurs, leur passionnant nouvel album (qui sortira le 3 mars), nous guide vers un lyrisme poétique à souhait, où la fusion entre chanson et musique électronique au ton urbain, peuplée de métaphores sensibles confronte notre quotidien sans compromission. Trio breton, Lupo développe une identité forte, un goût pour la mise en valeur humaine et une bonne dose d’agilité musicale, sculpturale, ondulatoire, qui monte en pression jusqu'à l’hypnose. René à répondu à nos questions pour mieux découvrir cette meute.


LUPO signifie Loup et, dans votre cas, on pourrait la comparer à une tribu ou une famille amicale. Mais qu’est-ce qui émane de votre rencontre et la création de cette nouvelle horde musicale ?

Oui, LUPO est né dans un esprit de meute, d’expérience collective. Avec Fabien aux synthés et à la prod et Nicolas à la batterie, on cherchait avant tout une nouvelle expérience commune, une aventure artistique qui permettait de nous réinventer, de construire un nouvel imaginaire ensemble.


Votre tout premier album, Nuits d'ailleurs, sort prochainement. Comment a-t-il été pensé et enregistré ?

Nous sommes partis des textes bruts, posés sur des arrangements très épurés, presque nus. Chacun a ensuite cherché des sonorités, des textures, des rythmiques pouvant accompagner ces premières maquettes.

Dans un second temps, nous avons mis en commun toutes nos idées, cherchant une homogénéité entre tous les titres.

On a souvent déconstruit pour rebâtir, remodeler, un va-et-vient de propositions jusqu’à trouver le fil qui les reliait.


On y retrouve forcément ton amour de l'écritur qui existait dans La Belle Bleue, comme un lointain lien de parenté. Quel serait selon vous le point fort du groupe (le bond en avant) ?

Ce sont deux projets très différents, je ne les mettrais jamais en compétition, de toute façon ça n’aurait pas de sens de comparer un groupe qui a vécu 17 ans et ce projet émergeant. C’est toujours la passion pour la création qui m’anime. Dans Lupo, le parti pris est de resserrer l’énergie sur l’intime, l’existentiel, assumer une forme de mélancolie. Poser un nouveau regard aussi sur l'arrangement, l’écriture, la production, c’est comme s’installer dans un nouveau pays, rencontrer une nouvelle culture et se jeter dedans.


Quel est votre état d’esprit de le savoir bientôt disponible ?

C’est toujours un saut dans le vide, on passe des mois à créer des chansons, avec toutes les étapes et les doutes que cela comporte. Quand l’album sort, c’est un soulagement, mais il ne nous appartient plus, il est figé, alors on croise les doigts pour qu’il trouve son public, qu’il fasse écho à leur quotidien, leurs souvenirs, qu’il accompagne des moments de leur vie. C’est ça avant tout la musique !


©CLAIRE HUTEAU


À l’écoute de votre disque, j’entends clairement la volonté d'instaurer des climats, des atmosphères, notamment par la manière dont le chant et la mélodie s'imbriquent. Est-ce pour vous un axe qui a déterminé le socle de votre trio ?

Oui, utilisant beaucoup d’images dans l’écriture, il fallait que la musique enveloppe au mieux toutes ces histoires. On cherche à la rendre très visuelle, on voit les chansons comme des photos, comme des toiles avec leurs couleurs, leur grain, leurs détails invisibles, reliefs et imperfections.


Dans LUPO, le chant occupe une part importante et se fait dans un langage riche, aux sujets sous-jacents et denses, extrêmement contemporains. Est-ce une façon de faire passer vos engagements différemment ?

J’aime faire des détours et me perdre dans mon propre imaginaire pour raconter des choses très intimes. Écrire dans cette forme poétique me permet de me mettre à nu en conservant une certaine pudeur, je peux parler de tout dans la métaphore, je peux mentir et avouer, je peux inventer un monde, déclarer mes sentiments, exprimer mes colères, remercier, fouiller dans les émotions humaines.


Avez-vous des influences avouées et d'autres plus dissimulées qui, malgré tout, ont construit ce que vous êtes aujourd'hui ?

Bashung, Noir Désir, Mano Solo sont les artistes français qui m’ont le plus accompagné et construit. Après, je n’ai rien d’inavouable, plus jeune je rêvais d’être Michael Jackson, puis Bob Marley, dans les deux cas je peux écouter leur musique en boucle, quotidiennement, inlassablement.


Bien que vous n'en soyez qu’au début de LUPO, pensez-vous avoir trouvé la touche, la patte, que vous développerez ?

J’espère que non ! Ce qui nous anime, c’est cette recherche, on ne sait pas où l'on va, on aime cette incertitude, ce suspense et on profite pleinement du chemin. Chaque album, chanson est une étape, une escale.


Nuits d'ailleurs (DaydreamMusic / Greenpiste Records / 709 Prod) 3 mars 2023



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