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Chester Remington // ALMOST DEAD


©Olivier FOURNY

Traversant à la vitesse d'un pigeon voyageur sous speed en pleine crise de nervosité, le combo Rémois Chester Remington construit un univers aussi fascinant que délirant. Mené par le fantasque Odilon Horman à l’énergie débordante dans son sillage sonore, les ambiances surf rock et de garage psychédélique s’entremêlent et donnent naissance à un disque, ALMOST DEAD, fantastiquement épique. Aussi fabuleux que déjantés, les neuf morceaux s'enchaînent sans faiblir, pour former une sorte de narration ornithophile qui s'inquiète, en réalité, plus de notre santé mentale que de la bizarrerie plumagère de ces congénères. Rien de bien surprenant donc si vous vous y perdez, et tant mieux, je ne serai pas seul adepte de cette folie addictive.


Depuis vos débuts, en 2019, avec Chester Remington, vous avez développé une sorte de style kaléidoscopique qui ne ressemble à rien d'autre. Comment vous définiriez-vous ?

« Rock » semblerait être un bon résumé pour éviter de se perdre dans toutes les branches musicales qui m’inspirent. Mais allons-y : Garage - indie - grunge. L’autre jour une radio nous a mis « Garage Weirdo », j’aime bien.


Vous venez donc de sortir ALMOST DEAD. Un titre qui sonne le glas, pourtant vous semblez bien vivant. D'où vient ce titre et cette chanson qui donne le nom à l'album ?

ALMOST DEAD, deux mots qui nous rassemblent tous. C’était l’envie de se confronter à cette horrible fatalité que nous réserve la vie, dès notre naissance. Mais ce titre justifie également toute la sincérité que je veux injecter dans mes morceaux tant qu’il est encore temps de se faire écouter, et tant cette fameuse deadline approche inéluctablement.

En ce qui concerne cette chanson éponyme qui conclut le disque , c’est un résumé de l’album. Les paroles de l’introduction reprennent une phrase par morceau des huit titres précédents, pour ne former qu’un texte qui serait les derniers mots de la mouette sur son lit de mort, illustrée en P.O.V sur la couverture. La fin du morceau est pour moi la B.O de la pochette, tout ce que ressent et entend cet oiseau dans ses derniers instants, entouré de ses proches.


Est-ce que vous aviez dès le départ une idée en tête bien précise de ce que devrait être votre nouvel album ?

Non pas exactement, et d’ailleurs c’est un premier album, donc aucune expérience dans ce domaine, j’y suis allé à l’instinct, les choses se sont plutôt bien imbriquées. Cela dit, je souhaitais tout de même mélanger une humeur garage pop 60´s, et un élan 90´s plutôt grunge. Attention cet album n’est pas pour les puristes radicaux de ces deux époques, j’ai fait ma cuisine avec ce qui me fait vibrer, et c’est tout.


Votre musique prend aux tripes du début à la fin avec une intensité assez incroyable. Quelle est la recette de votre potion magique ?

C’est sympa ça merci. L’anxiété et la dépression ont été très souvent un moteur pour composer. Le fait d’être à fleur de peau permet, à mon sens, de coucher les émotions à l’état brut. J’imagine que c’est une intensité qui peut se ressentir dans l’album par moment.


©Olivier FOURNY


En parallèle de votre son, vous avez aussi une recherche graphique dans vos clips bien particulière avec un côté vintage et déjanté. Comment travaillez-vous cette esthétique-là ?

Beaucoup de clips ont été faits par notre bassiste Thomas Gossein, puis Olivier Fourny, et dernièrement Thomas Schmahl. Ce sont tous de très bons amis (musiciens, vidéastes, artistes) avec qui je ne communique qu’en racontant des conneries, et avec qui j’ai toujours de longues conversations passionnées sur la musique et le cinémaa. Je crois que l’humour et les références vintages des clips sont dû à tout ça. Je commence toujours par trouver l’idée de base, et on développe ensuite ; toujours avec très peu de budget et d’effectif, sinon ce n’est pas drôle.


L’illustration de votre album est aussi stylée. Qui est derrière et qu'est ce qui vient l'inspirée ?

Anthonin Ternant (ex Bewitched Hands, Black Bones, M.A.O Cormontreuil…) a dessiné cette pochette. Je lui ai  longuement parlé de la mort de cette mouette et de ses proches à son chevet. Mon bassiste Thomas m’a évoqué l’idée du p.o.v, le reste est venu tout seul. Je voulais absolument un dessin avec du détail, je suis très content du résultat, quand on s’approche on voit vraiment chaque coup de crayon, on se rend bien compte du temps que ça a dû prendre.


J’ai découvert sur un article que dans vos influences il y avait Thee Oh Sees et King Gizzard ok, mais également et c'est moins évident Serge Gainsbourg et Brel.

Oui j’ai cité ces deux là car il y a vraiment des choses qui me transcendent complètement et qui me donnent envie de faire de la musique. Si je devais choisir une chanson par artiste, je dirais Valse de Melody (mais tout l’album hein, je l’écoute plusieurs fois par mois) de Serge Gainsbourg , et Ces gens-là de Brel.


Vous imaginez-vous un jour chanter en français façon crooner ?

Non pour l’instant je ne me vois pas interpréter de titres en français, mais peut-être un jour qui sait.


Paraît-il que vos concerts sont d'une pure dinguerie. Avez-vous une routine pour vous mettre en jambe avant le live ?

Il faut savoir qu’on répète très peu avec Chester, juste deux ou trois jours avant une session de plusieurs mois de concerts. Donc évidemment quand on se retrouve pour jouer on est ultra chaud et très content de se voir. Ça doit avoir une incidence sur l’énergie des concerts ! Avant de jouer c’est l’excitation, on est des vrais gosses. Ah si, on a un rituel très débile avant de monter sur scène, qu’on assume totalement maintenant : on fait tous le signe du rock, en rond, et on rassemble nos doigts comme les parachutistes qui forment un cercle pendant leur chute, et s’ensuit un pauvre « ooOOoohh » et on lève les doigts au ciel, histoire de finir en beauté . C’est du 2000ème degrés, soyez compréhensif, merci.


Stéphane Perraux



ALMOST DEAD  (À Tant Rêver du Roi / Howlin Banana.) mars 2024




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