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Caesar Spencer // Get Out into Yourself

Dernière mise à jour : 2 sept. 2023


Avec un timbre de crooner, grave et charmeur, Caesar Spencer, anglo-suédois, né au Pérou nous dévoilait, au mois de mai, un premier album captivant Get Out into Yourself. Onze chansons, riches en sensations, unissant l’élégance de la pop britannique à celle de la pop française, évoquant la classe d’un Gainsbourg ou d’un Nick Cave. Avec la complicité des nombreux invités au casting de cet opus, Caesar Spencer nous livre un album à la fois étrange et fascinant. Il a répondu à nos interrogations pour en savoir un peu plus sur cet opus résolument surprenant !


Bonjour Caesar, votre 1er album Get Out into Yourself est sorti il y a quelques mois maintenant. Comment avez-vous vécu cette période ?

Ça a été une période tout simplement fantastique… plus que fantastique ! Je voulais réussir à établir un contact avec la communauté de passionnés de musique et c’est ce qui s’est passé. Ça a été merveilleux d’une part de lire des chroniques incroyables, et d'autre part d’avoir des personnes qui me contactent de partout dans le monde pour me féliciter.

C’est compliqué de sortir un premier album mais maintenant qu’il est sorti ça devient en quelque sorte un « calling card » et ça facilite un peu les choses pour la suite. Et même des choses auxquelles je ne m'attendais pas du tout.... comme l'éditeur, curieux de mon parcours, qui me propose d’écrire un livre sur tout ça. Etonnant ! Finalement, c’est un peu comme si je lançais mon « Message in a bottle » et par la suite j’ai eu « A hundred billion bottles » qui me sont revenues…


Dans quel contexte et quel état d’esprit a été composé cet album ?

J’ai démarré la composition il y a à peu près 20 ans ! Je revenais à Londres après une aventure amoureuse très compliquée à Paris. J’avais juste besoin d’écrire sur l’expérience pour me vider en quelque sorte et pour me sentir mieux. Une simple nécessité pour avancer. Mais je n’ai pas pu aboutir à bien enregistrer le disque et de le sortir. Comme je disais, c’est pas simple de sortir un album et encore moins il y a 20 ans. Il a donc fallu que je mette ça sur une très longue pause. La deuxième phase c’était il y a 3 ans, quand j’ai redécouvert les maquettes. Je savais que je tenais toujours entre mes mains le squelette d’un disque très intéressant. J’ai trouvé mon partenaire musical (Gaétan Boudy) et on a foncé ensemble. En termes d’état d’esprit, il y a un autre aspect aussi… c’était quelque part très intéressant d’avoir toute cette distance entre la composition initiale et puis l’enregistrement finale plus de 20 ans après. On est moins pris par les circonstances relatées. Je devais juste honorer en quelque sorte le personnage concerné.


©thödol


Le nom de cet album, Get Out into Yourself, semble placer un besoin d'affirmation de soi au centre du projet. Est-ce une recommandation personnelle afin de mieux vivre dans l'anxiété de notre monde ?

Tout à fait. C’est encore plus fort que ça. Get Out into Yourself fait référence à ce que l’on appelle “ The observer effect ” dans la mécanique quantique. Le simple fait de regarder quelque chose provoque un effet sur ce que l’on regarde. Et de plus cet effet que tu portes sur quelque chose dépend de tes intentions. Dont l’importance de porter un regard bienveillant sur un monde qu’on est sans arrêt en train de projeter autour de nous. Et puis ça revient aussi un peu à ce fameux dicton ; « Les plus beaux voyages se font à l'intérieur de soi… ».


Le livret qui accompagne le CD est l'œuvre de l'illustrateur Thierry Beaudenon. Comment est née cette idée et votre collaboration ?

Le disque est vraiment l’histoire d’une période très intense de ma vie. C’est une suite chronologique. Il me paraissait donc parfait de faire un espace de storybook pour raconter tout ça. Et puis le concept comme vous l’avez compris est quelque part super abstrait. Donc pour mieux expliquer ce que j’avais en tête, pour mieux expliquer ce concept, je me suis dit qu’il fallait faire les illustrations et de raconter ça presque dans la tradition des paraboles en quelque sorte…


©Thierry Beaudenon

On retrouve à vos côtés plusieurs artistes, amies. Comment avez-vous choisi les gens avec qui vous souhaitiez collaborer ?

Très simplement. Ce sont des gens que j’apprécie beaucoup et avec lesquels je suis sur la même longueur d’onde. On dit qu'il ne faut jamais rencontrer ses idoles. Et bien c’est faux, ou en tout cas, ça dépend vraiment des idoles qu’on a choisies. Jacqueline Taïeb par exemple est devenue une amie très proche qui m’est très chère.

Musicalement cette pop charmeuse et charismatique présente dans vos chansons nous évoque beaucoup de références. Où avez-vous puisé votre inspiration ?

Je suis quelqu’un qui adore la musique, évidemment ! J’adore le fait que ça puisse nous rassembler ou qu’un artiste puisse chuchoter dans l’oreille d’un malheureux, « Que vous êtes belle, n’oublie pas que vous êtes aimé, n’oublie pas que vous êtes précieux ». On traverse tous des moments difficiles dans la vie et il est important de rappeler aux autres qu’ils peuvent s’en sortir. Donc mon inspiration c’est un peu tous les autres artistes qui faisaient ca pour moi quand je grandissais. Je ne vais pas les lister mais si vous voulez bien publier l’illustration de Broken By The Song vous verrez les pochettes de ces artistes qui m’entourent.


Le dernier titre Knew That One Day est comme une sorte de clin d’œil à un romantisme très frenchy, Est-ce que vivre France est un des canalisateurs de ce romantisme que l'on retrouve dans vos chansons et plus particulièrement dans celle-ci ?

Oui, vivre en France est en quelque sorte un canalisateur. Musicalement je trouve simplement une élégance et une sophistication dans la musique ici. Mais je trouve très intéressant de mélanger ça avec un aspect plus frappant et plus direct à l’anglaise. C’est un équilibre délicat qu’il faut essayer de trouver, entre deux pôles très opposés ; l’intellectualisme / le romantisme français et le « In your face » / pragmatisme des anglais... je voulais voir s’il était possible de mélanger The Smiths avec Polnareff ou Bowie avec Gainsbourg. Ce sont des univers tellement différents donc un mélange ne pouvait qu'être fascinant. Mais revenons à la France. J’aime bien que vous perceviez tout particulièrement un French « vibe » sur Knew That One Day. N’oublions pas que ce disque est une lettre d’amour à la France qui a fait beaucoup pour moi et cet album est ma manière de remercier tout le monde.


Stéphane Perraux



Get Out into Yourself (New Radio Records / Modulor) 2023




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