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BAASTA // MadCalais

Dernière mise à jour : 10 mai 2023


©Mike Black

BAASTA, duo explosif formé par François-Xavier Notel et Yoann Dirryckx navigue à la frontière entre new wave et rock électro, dans des styles bien à lui, pour créer une atmosphère aux contours agressifs. Avec des textes toujours parsemés de vérité et d'une vraie force de caractère, pas étonnant que le combo développe une vivacité addictive qui forcément nous séduit. Pilier fondamental et irrévérencieux, leur deuxième album MadCalais dessine encore un peu plus cette passion pour un rock qui retrouve ses racines, en toute liberté. Autant de raisons de plonger tête la première dans leur musique ...


Nous vous avons découvert il y a 3 ans, avec Paanic votre 1er album. Depuis, vous avez pas mal bourlingué et forcément pris de l'assurance.Que s’est-il passé pour vous depuis ?

Ce premier album est sorti juste avant le confinement donc autant dire qu’il est un peu passé à la trappe… on a commencé à composer ce deuxième album à cette époque. On a fait pas mal de concerts en parallèle, le temps d’en venir à bout. On avait les titres assez rapidement mais on ne trouvait pas la couleur qu’on voulait lui donner alors on a pris un peu de temps. On est même allés en studio pendant une semaine et finalement on en a rien gardé.


Vous avez toujours votre humour grinçant et cette hargne qui vous caractérise, mais qu'aviez-vous envie de mettre de plus dans ce nouvel album ? Il y aura toujours des trucs à dire, les sujets de société ne manquent pas, on avait pas tout abordé sur le 1er et il y a encore de la matière pour le prochain, le tout c’est de réussir à en parler sans devenir chiant, moralisateur, ou pire encore : un groupe de punk français… (rire, ou pas…)


Question peut être idiote : pourquoi MadCalais comme titre d'album ? Y-t-il a une signification précise ?

Nous n'écoutons quasiment que des groupes qui viennent d’Angleterre et FX est fan de la scène de Manchester depuis toujours ( Stone Roses, Oasis, Chemical brother, Joy division, New Order, Happy Mondays…) et à l’époque ils parlaient de leur « scène » local sous le terme de « MADCHESTER » une contraction de MAD (dingue) et Manchester. Quand on regarde bien, leur région et la nôtre ne sont pas si éloignées : Le foot, la musique, le ciel gris, la bière tiède et une forme de fierté malgré le contexte social de nos régions par rapport à la capitale que tout le monde regarde et où tout se passe. On a donc contracté MAD + Pas de Calais pour donner MADCALAIS. Nous aussi on va développer la folie et la fierté, et pour le coup on a trop d’efforts à faire. Y a un peu un condensé de ça dans le titre On a pas la carte : « On a pas la carte, on a pas le soleil, on a pas la carte mais on va briller ». Et pour parfaire la filiation, le titre Faites ce que je dis a été produit par Pascal Gabriel qui a produit des titres pour New Order eux aussi de Manchester.


Si je ne me trompe pas vous en avez même créé un label MadCalais records ?

Ouais on auto-produit nos disques nous même, on fait quasiment tout nous même de toute façon à part la distribution qui a été confiée sur cet album à « L’autre distribution ». Peut être que d’autres groupes sortiront leur prochain album sur ce label, affaire à suivre…


©Mike Black

Il y a chez vous cette énergie qui fait qu'on vous reconnaît dès la première écoute avec néanmoins une évolution sonore significative. Avez-vous bossé différemment que sur le précédent album ?

Quand on a envoyé les pistes du titre Faites ce que je dis à Pascal Gabriel, on ne savait pas ce que ça allait donner, on lui avait donné carte blanche et une fois qu’on a écouté ce qu’il a fait du morceau on était déstabilisés dans un premier temps mais séduits très rapidement car il nous avait donné une couleur inhabituelle. On s’en est ensuite inspirés pour les autres titres de l’album.


Textes revendicatifs (sans être barbant), annonce d'un chaos social (déjà bien présent), prise de conscience écologique, etc... actuellement il y a énormément de groupes qui forment le renouveau du post punk français dont vous faites partie. A quoi attribuez-vous ce retour musical en force ?

Sans doute parce que le hip hop n’a plus rien à raconter à part le fait de devenir riche, de consommer et de « paraître ». C’est devenu la nouvelle variété, il n'y a qu’à voir les programmations des gros festivals français, c’est pitoyable. Pour le reste, une part du public en a sans doute marre d’entendre des artistes miauler des chansons d’amour après une journée de boulot… Ça ne parle pas de leur vie, ça ne les motive pas à relever la tête, ni à retrouver un minimum de fierté qu’on leur vole de jour en jour, ça les divertit. Ce n’est plus suffisant (et tant mieux).


Avez-vous des groupes, des potes musiciens avec qui vous partagez plus qu'avec d'autres la passion de cette sonorité ?

Pour être honnête, les groupes avec qui on s’entend bien, sont souvent ceux avec qui on a eu l’occasion de jouer, mais surtout d’échanger après les concerts. On pense à Frustration, La Phaze et nos frères énervés de Mss Frnce évidemment.


Votre 2ème album est sorti il y a quelques jours maintenant. Vous vous sentez comment ? On espère que ça nous aidera à trouver un nouveau tourneur car même si l’album est extra, on est quand même taillés pour la scène, on ne pense qu’à ça, et depuis l’arrivée dans le groupe de « George » un ghetto blaster à l’égo surdimensionné, on est prêts à diffuser le Madcalais à travers la France en attendant la sortie d’un 3eme album qui ne mettra pas 3 ans à arriver cette fois ci, bien au contraire.

Stéphane Perraux

MadCalais (madcalais records / L'autre Distribution) Avril 2023




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