MAXWELL FARRINGTON & LE SUPERHOMARD
- PERSONA
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DO DA DA DA !
Par Mathieu David Blackbird
LE RETOUR DU DUO FRANCO-AUSTRALIEN ADOUBÉ PAR PAUL WELLER ET IGGY POP FIGURE SANS CONTESTE PARMI LES BONNES NOUVELLES DE CE PRINTEMPS. CHRISTOPHE VAILLANT REVIENT POUR PERSONA SUR LA GENÈSE DE WINDOW TAX, SPLENDIDE NOUVELLE ÉTAPE VERS LE FIRMAMENT, ET TIENT A NOUS RASSURER – L’OBSOLESCENCE INITIALEMENT PROGRAMMÉE DE SON BINÔME DE VELOURS N’EST PLUS A L’ORDRE DU JOUR.
"Oui - au départ, le truc était de réaliser trois albums ensemble confirme Christophe. C’est d’ailleurs le deal que nous avions avec notre maison de disque Talitres. Mais au final, on a bien envie de continuer, car premièrement on s’entend très très bien, deuxièmement on s’éclate à faire de la musique ensemble et troisièmement, je pense qu’on n’a pas encore fait le tour de tout ce qu’on peut faire tous les deux au niveau musical mais également scénique. On est très contents des 3 albums et du e.p. 6 titres qu’on a réalisés ensemble depuis 5 ans mais on pense qu’on peut faire mieux et qu’on fera mieux. Mener cette collaboration plus loin et plus haut – voilà ce qu’on souhaite."
C’est-à-dire qu’à force de voir nos deux zozos placer la barre toujours plus haut à chaque nouvelle livraison nous risquons de nous retrouver rapidement à cours de superlatifs – surtout qu’il nous faudrait en garder quelques-uns pour le nouvel album de Boris Maurussane. Exceptée une moustache en moins pour Maxwell Farrington, rien n’a fondamentalement changé chez nos deux champions si ce n’est que les chansons proposées ici sont peut-être un peu plus directes que sur le baroque Please, Wait… que nous avions d’ailleurs ici-même ardemment célébré. Window Tax propose certes toujours une pop music savamment orchestrée et légèrement mâtinées d’electronica, mais elle prend peut-être moins de détours pour nous toucher en plein cœur.
"Pour ce disque, nous avons essayé de changer notre manière de travailler. Tout est partie d’une discussion que nous avons eu avec Sean Bouchard, le patron du label Talitres. Nous avons convenu ensemble qu’il fallait changer pour ne pas se répéter. Du coup nous avons travaillé de manière beaucoup plus collective en soumettant de nombreuses démos - une trentaine - à notre maison de disque, mais aussi à notre éditeur, Strictly Confidential. Nous avons fait avec eux des réunions, des sortes de débriefs d’écoute qui étaient vraiment très très instructifs et très enrichissants sur les ressentis de chacun sur les différents morceaux proposés. Et finalement nous avons fait tous ensemble une sélection des morceaux qui parlaient le plus à tout le monde. Maxwell et moi avons bien sûr dû oublier un petit peu nos égos respectifs et écouter des avis extérieurs. Et en fait on a trouvé ça hyper intéressant même si parfois nous avons mis de côté des morceaux que nous aimions personnellement - soit moi, soit Maxwell. Mais d’un côté, même si ce n’est pas facile parfois entendre que ton morceau n’est pas terrible, ça te permet d’essayer de hisser un petit peu le niveau ou de ne pas tomber dans l’autosatisfaction. Pour la composition des morceaux, on a fait un petit peu comme les autres fois c’est-à-dire qu’on se propose des idées de chansons Maxwell et moi et quand on pense tenir quelque chose de bon, on en fait une démo assez poussée où je me charge des arrangements - en tenant parfois compte des idées de mon collègue – et Maxwell pose ensuite sa voix sur un texte définitif ou pas - une sorte de truc improvisé dont il a le secret. Enfin, l’autre partie du travail, celle de la production, nous l’avons confiée à Mike Lindsay de Tunng - je ne voulais pas produire moi-même pour ne pas tomber dans la redite etc… et Sean de Talitres était tout à fait d’accord avec ça aussi. On est donc allé enregistrer en Angleterre chez lui à Margate dans son studio rempli d’instruments trop cools."
Outre l’envolée de chœurs sur Rats & Dolphins qui est indéniablement la marque des plus grands, on retrouve avec plaisir sur ce nouveau chapitre des textes empreints de délicieux nonsense comme sur ce Brussels Sprouts inaugural. Tout est précieux ici à l’instar de ce Do Da Da Da d’une absolue délicatesse et interprétée en compagnie de Lily Buchanan - tout comme Fish & Chips qui évoque François de Roubaix - ou encore ce Good Company crépusculaire et quelque peu tongue in cheek – ‘There’s no one else around, I’m in good company’.
"En fait, Do Da Da Da c’était une partie de la chanson pour laquelle Maxwell n’avait pas encore de paroles – il avait donc écrit Do Da Da Da à cet endroit. Puis il a trouvé que ça faisait une sorte de gimmick sympa, un peu nonchalant du genre Lalalala - il l’a gardé et c’est devenu le titre de la chanson. Lily est une artiste peintre hyper douée qui habite Margate. Quand nous avons fait nos démos, nous avions quatre morceaux où il nous fallait une voix féminine - soit pour des chœurs, soit en duo avec Maxwell. Lors de l’enregistrement, Mike nous a proposé plusieurs idées de chanteuses, mais rien ne collait vraiment à ce qu’on cherchait. Puis Lily - qui est aussi sa femme - est passée au studio et Mike nous a dit qu’elle chantait super bien et qu’elle aurait peut-être la voix que nous cherchions. Il nous a fait écouter une chanson sur laquelle elle chantait et on a tout de suite compris que c’était elle qui nous fallait. Elle nous a super impressionné car elle a un talent immense."
Window Tax fait référence à un impôt qui existait en Royaume Uni et en France autrefois.
"Oui - en gros, l’impôt était indexé sur le nombre de fenêtres que vous possédiez dans votre maison. D’où parfois ces façades avec des fenêtres, bouchées par des briques, que l’on peut remarquer dans les villes. Dans la chanson, Maxwell a transposé ça sur le supplément que les clients payent dans un restaurant pour avoir une table avec une belle vue."
Il est d’ailleurs souvent question de nourriture dans les textes de celui qui était encore cuisinier il y a peu – ça tourne même un peu à l’obsession.
"Maxwell n’est plus cuistot. Il est simplement musicien pour le moment mais il reste passionné par la cuisine et cuisine toujours beaucoup, mais pour ses amis et ses proches. Il me soumet bien évidemment ses textes et me les fait lire avant mais je le laisse généralement faire. C’est vraiment son domaine à lui. Je considère qu’il est extrêmement talentueux comme parolier - et comme compositeur aussi d’ailleurs et nous composons souvent ensemble. Je ne me permettrais pas de lui faire modifier des choses. Je pense qu’il est suffisamment – et même hyper - exigeant avec lui-même. Derrière son côté fantasque et un petit peu nonchalant, il y a en fait énormément de travail."
L’aventure est donc heureusement loin d’être terminée – du moins l’espérons-nous tant il est vrai que nos deux amis connaissent parfois des moments de découragement face aux difficultés qu’ils rencontrent pour tourner malgré les réactions enthousiastes qu’ils suscitent depuis leurs débuts. Gageons cependant que la suite sera brillante quelle que soit la forme qu’elle prendra.
"Avec Maxwell, on essaye de ne pas vraiment se donner de limites ou même de cadre. Certes notre musique est très référencée pour certains mais on ne s’interdit rien pour la suite. Le seul truc qui nous guide vraiment, c’est de faire des disques qui nous plaisent et qu’on aura envie d’écouter. On aime plein de trucs, parfois très différents même l’un de l’autre, mais on se retrouve toujours sur l’idée qu’on se fait d’une chanson réussie ou pas."

Maxwell Farrington & Le SuperHomard Window Tax (Talitres) 2026
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