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JOHANNA MARIE SCHIMMING // Private View 01

Mis à jour : 29 déc. 2020

PERSONA suit l'actualité des artistes des précédentes éditions et vous présente en bonus des photos et un entretien avec la peintre Johanna Marie Schimming, réalisés à l'occasion de son exposition exceptionnelle PRIVATE VIEW 01 du 9 au 11 octobre 2020 à Paris. Suite au succès de l'exposition, le lieu restera à disposition comme showroom sur rdv pour toutes personnes désireuses de voir une œuvre en particulier ou une sélection en originale.

© Anna Mirlas

Comment est née cette exposition atypique ?

Perttu et Nicolas sont deux collectionneurs d'art qui ont découvert mon travail un peu par hasard sur Instagram, puis lors de l'exposition à la Galerie Louchard en février dernier. Désormais propriétaires de l'œuvre 089, de fil en aiguille, des liens d'amitié se sont tissés. Pendant une visite de mon studio-atelier, ils m'ont proposé leur idée : transformer pour un weekend leur appartement en galerie d'art. Pour eux c'était aussi une manière de fêter l'accrochage de leur tableau avec leurs amis et de présenter au public une plus ample sélection de mon travail, au total 21 tableaux ! Je suis très touchée et honorée de ce beau geste qui m'offre cette visibilité et du fait qu'ils aient envie d'habiller leur appartement entièrement de mes tableaux.


En quoi diffèrent la sélection et le placement des œuvres dans cet appartement par rapport à une exposition en galerie ?

Le fait que je travaille souvent par séries, en explorant plusieurs nuances du même sujet, crée une cohérence entre mes œuvres et a facilité le choix pour une exposition. Par ailleurs, ce bel appartement est bien plus chaleureux que les longs murs blancs d'une galerie. C'est un espace intime et animé, dans lequel les œuvres semblent communiquer avec le mobilier et les diffèrentes sources de lumière. Il fallait prendre en compte les contraintes comme la couleur des murs (qui finalement ne pouvait pas mieux convenir) et garder un rapport entre les pièces ouvertes. Les petits formats sont même mieux mis en valeur, placés entre deux fenêtres ou sur un mur à leurs mesures par exemple. Cette mise en situation permettra peut-être aussi à certains visiteurs de se projeter plus facilement.


Pendant le confinement, vous avez pu vous consacrer davantage à la peinture. De quelle manière cette situation exceptionnelle a-t-elle influencé votre travail ?

D'abord, bien qu'ayant plein de tableaux en cours, j'avais besoin de repartir sur des toiles blanches, une dizaine. Comme vous le savez, dans ma peinture il y a souvent la notion du temps perceptible dans le mouvement des gestes. On peut avoir l'impression de voir des paysages passer comme par la fenêtre d'un train, et curieusement alors que la vie ralentissait, dans mes tableaux cette vitesse accélérait, et ces «vues» devenaient de moins en moins lisibles jusqu'à ne devenir que des lignes et des barres. Ma mère qui est psychanalyste dirait sûrement que ces lignes droites me donnaient une structure dont j'avais sans doute besoin. En revanche, je ne suis arrivée à terminer que très peu de ces tableaux pendant le confinement, ça se fait au fur et à mesure depuis. Malgré cette situation exceptionnelle et la menace sous-jacente, les toiles aujourd'hui achevées dégagent quand même une certaine sérénité et j'en suis ravie.


Dans votre œuvre revient souvent un «geste» en relief, généralement de nuances variées. Quelle signification a-t-il, notamment lorsqu'il est recouvert d'une couche monochrome ?

J'aime beaucoup travailler en volume, avec des gestes en relief dont la troisième dimension les rend encore plus réels et leur donne davantage de présence. Délibérément ou non, couvrir ces gestes signifie pour moi démontrer la complexité de la réalité en plusieurs couches et épaisseurs, et souvent aussi accepter et trouver la paix avec une réalité qui ne me plaisait pas au début.


Votre style est abstrait avec une tendance au minimalisme et vous explorez les mêmes éléments que l'écriture musicale, qui sont ceux de la vie, dites vous. Mais vous n'aimez pas décrire vos tableaux.

Peindre signifie pour moi trouver son propre langage. En posant des mots dessus, on reste forcément «à côté de la plaque». L'espace qui entoure un geste a beaucoup d'importance pour moi, il est similaire à l'espace de résonance qui entoure un son. Quand je parle de l'espace, de la vitalité, ou de la notion du temps inhérent à mes peintures, preuves à l'appui, soit ils perdent leur grâce par un langage trop technique, soit je tombe dans des comparaisons figuratives, ce que je voulais surtout éviter. Je propose avant tout ma recherche personnelle et celle de l'essentiel autant que ma perception. Ce que je dévoile de moi sont mes états d'âme. Mes gestes sont des affirmations d'être, ils sont à la fois libératoires et une prise de conscience. Avec ma peinture je souhaite offrir le meilleur de moi même: de l'équilibre, de la profondeur, de la beauté et de la vitalité. La prémisse pour mon travail artistique est donc de surmonter les enjeux de la vie, ce qui requiert un travail constant sur moi, bien avant de poser le pinceau sur la toile.

Frédéric Lemaître

© Alessandro Silvestri


Vous êtes invités à prendre rdv ou vous inscrire à : contact@johannamarieschimming.com pour être informé des futures dates d'Open Showroom prévues en début d'année 2021.

www.johannamarieschimming.com


Retrouvez un premier entretien avec Johanna Marie Schimming dans PERSONA #11

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