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Live Report // Emilie Zoé & Shannon Wright

Magie d’une soirée d’octobre au Trianon

Ambiance fauteuils de velours rouge ce lundi 14 octobre au Trianon dans une configuration aussi sage que feutrée, écrin cosy pour une soirée s’annonçant sublime.

Il est 20h et les notes qu’on entend sont celles de 6 o’clock, premier morceau du set d’Emilie Zoé qui assure l’ouverture de la soirée. A presque un an de la sortie de son très remarqué deuxième album, The Very Start, Emilie Zoé nous ouvre les portes sur son univers accompagnée de son complice Nicolas Pittet à la batterie. Entre eux une synergie et une bienveillance incroyables sont palpables.

Emilie Zoé ©Fanny Veyrenotes

Après Tiger Song, track emblématique de l’album qu’elle dédie « aux gens qui ont une âme de tigre intense », Loner calme le jeu. Brièvement, car le set est à l’image de la géographie de The Very Start : en quelques morceaux on passe par les dénivellations sensibles, tantôt abrasives, fougueuses, impétueuses et toujours très touchantes de ses compositions. Un changement de guitare plus tard et Emilie Zoé étire jusqu’à la corde l’intense The barren land sur lequel un arc électrique semble s’être emparé d’elle et de son instrument, entre fusion et jeux de micros.

Après ce concentré d’émotions, le final puissant se fera avec Sailor et sa sortie de scène inédite, Emilie Zoé rejointe par Nicolas Pittet descendant tous deux dans la salle. Superbe Very Start !

Enlevées les guitares et la batterie, on découvre quatre projecteurs dressés, un peu inquiétants qui entourent un piano Steinway semblant démesurément immense.

Shannon Wright ©Fanny Veyrenotes

Pourtant il ne faudra que quelques instants à Shannon Wright pour ne faire plus qu’une avec lui et l’embrasser avec un prodige époustouflant. Ce soir, l’Américaine dont le dernier album Providence vient tout juste de sortir nous a donné rendez-vous pour un moment intime. Intime comme les boucles bouleversantes des morceaux de Providence uniquement construites par le piano et sa voix délicate. Nous déroutant encore et toujours c’est avec la bande-son de Soft Noise issu de son précédent album Division que Shannon Wright démarre son concert. Les premiers rythmes sont ébouriffants laissant augurer la magie du moment que nous allons vivre ce soir. Un premier sourire furtif et Shannon Wright enchaîne avec Wayward (Division toujours) où un chemin sonore peut en cacher un autre. Viennent ensuite quelques titres de Let in the light, dont Defy this love qui fait réagir le public dès les premiers accords. Sous la lumière le piano paraît plus que jamais grand et infini. Shannon Wright penchée sur lui jette un regard timide entre deux titres. Voilà Somedays et son ambiance gravement émouvante. Précisément les boucles des compositions de Providence se retrouvent presque dans la mise en scène aussi épurée que l’album, les lumières intimistes venant sublimer Fragments.

Cet effet labyrinthique est renforcé par l’enchaînement de titres éclectiques de sa discographie tous interprétés au seul piano. Shannon Wright remonte ainsi le temps avec Vessel for a minor malady paru en 2001 sur Dyed in the wool suivis d’applaudissements nourris ou Avalanche (Over the Sun 2004). Le piano s’anime sur Lighthouse (Drag us in) de Division et devient ample sur Providence. Elle nous confiait* dans la composition de ce dernier album, vouloir « que le piano et sa force singulière envahissent la pièce ». C’est chose faite.

Face à lui, Shannon Wright se recroqueville (Bleed, In film sound 2013), pour mieux sembler se fondre avec lui. On ressent sa troublante force et une sensibilité tantôt retenue tantôt affranchie comme dans les boucles tourbillonnantes de These present arms qui clôture son set.

Shannon Wright ©Fanny Veyrenotes

Le public debout l’applaudit pour trois rappels, dont deux seront l’entorse délicieuse de la soirée, Shannon Wright interprétant à la guitare In the morning et Birds. Voluptueuse et à la puissance bridée sur le premier, la guitare se fait brute et rugueuse sur le second. Shannon Wright retrouve le piano pour l’ultime et exquis You’ll be the death (Over the sun).

Fatalement, comme le geste qu’elle esquisse pour s’exprimer avant de s’éclipser, ce soir nous avons été touchés en plein cœur.


Veyrenotes & Wunderbear


Pour prolonger le plaisir, Emilie Zoé et Shannon Wright sont actuellement en tournée en France et en interview* dans PERSONA.




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