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Léonie Pernet // Nouvel EP

Mis à jour : avr. 10

The Craving Tape : éloge de la profondeur

Léonie Pernet © Léa Salomon

A l’automne 2018, Léonie Pernet sortait Crave (InFiné / CryBaby) son remarqué et remarquable premier album. En juillet dernier, un EP de remixes sobrement nommé Butterfly (Remixes) offrait quatre déclinaisons du morceau tiré de l’album, dessinant ainsi une mise en abîme de la composition initiale. Automne 2019, la planète brûle et Léonie Pernet sort son nouvel EP, The Craving Tape. Cinq titres (dont trois inédits) qui confirment que le monde de Léonie Pernet est décidément vaste et majestueux. Délaissant partiellement les sons électroniques au profit d’un travail orchestral résolument contemporain, tout au long de The Craving Tape le temps semble se ralentir, l’espace se remplir de solennel et d’une vibrante mélancolie.

Comme si Léonie Pernet faisait un pas de côté pour déshabiller sa musique et s’employer à l’étirer, la laisser prendre sa gravité naturelle. Dans Les pères pleurent en écho qui ouvre l’EP, les textes en français rappellent la poésie de Rose sur Crave, la dimension vocale participant au travail symphonique. Au cœur de The Craving Tape les cordes si sensibles d’Arthur Simonini et de Félicie Bazelaire, traversent l’EP et tirent vers l’introspection. Léonie Pernet confie s’arrêter ici sur des questions qui l’habitent, à l’image de « cette pleine conscience de notre finitude, de la condition d’humain ». Pas étonnant ainsi que Les Parques nous attrapent l’âme et déroulent sous nos oreilles en condensé le fil de l’existence. Pour donner vie aux trois divinités romaines responsables du destin des hommes, Léonie Pernet a composé une orchestration magistrale. Butterfly (Chorale version) le suit et s’étire une nouvelle fois, ici avec les chœurs de Marie Million.

Ce qu’il reste de nous vient clôturer cet EP. S’y rencontrent avec force les instruments classiques et la dimension électronique, les deux pôles de Léonie Pernet, très justement à l’équilibre. Alors on émerge de The Craving Tape, sans savoir davantage peut-être ce qu’il nous est possible d’espérer, ni ce qu’il adviendra du passé. Mais ce décalage en profondeur nous permet de vivre pleinement ensemble le moment présent. Nos oreilles guettent le second album dont on ne saurait dire s’il sera le mariage parfait entre cordes, musique électronique et pop. Elles guettent toutefois les yeux fermés car avec Léonie Pernet tout est sublime.


Veyrenotes & Wunderbear


Léonie Pernet // "The Craving Tape". Sortie le 22 novembre 2019 sur InFiné & CryBaby


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