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Crime and the City solution

Un parfum berlinois à la Maroquinerie

Live report et photos : Patrick Auffret

Le groupe emmené par Simon Bonney a donné un concert enthousiasmant le dimanche 27 novembre à Paris à la Maroquinerie pour la seule date française de son History of Crime tour 2022, la dernière de sa tournée.


Groupe mythique s’il en est, Crime and the City Solution est une formation australienne dirigée par le chanteur Simon Bonney, son seul membre permanent. Il a connu son heure de gloire en apparaissant en 1987, à l’instar de Nick Cave, dans le somptueux film de Wim Wenders Les ailes du désir.


A cette période faste pour la formation, le groupe a enregistré une poignée d’albums remarquables : Just South of Heaven (1985), Room of Lights (1986), Shine (1988), The Bride Ship (1989), Paradise Discotheque (1990), The Adversary (1993) and American Twilight (2013). Il forme l’ossature de cette tournée.

Pour cette dernière date, Simon Bonney, chemise noire sur pantalon blanc, a joué avec sa dernière formation. Durant ces trente dernières années, la crème des musiciens s’est accoquinée avec lui, toujours avec cette envie de livrer un rock ténébreux mais habité. Citons par exemple Mick Harvey, le fidèle comparse de Nick Cave ou encore pour de récents concerts David Eugene Edwards, le charismatique leader de 16 horsepower et désormais de Wovenhand.


Un groupe international


Point de stars à ses côtés sur scène ce dimanche mais quand même des pointures internationales comprenant des australiens, bien sûr, mais aussi un américain et un français. Ainsi, l’australien Chris Hughes est à la batterie, le français Fred Lyenn, également collaborateur de feu Mark Lanegan, à la basse et au synthétiseur. Un deuxième synthé est présent, manié cette fois avec brio par le guitariste-choriste Georgio Valentino. Un second guitariste, Joshua Murphy, joue à la gauche du chanteur. La fidèle violoniste et parfois chanteuse Bronwyn Adams se montre, comme à son habitude, très présente sur le devant de la scène, à droite de Simon, et communique avec le public. Elle accompagne Crime and the City Solution depuis 1987, le groupe a lui été formé en 1979.

Du beau monde donc sur la petite scène de la Maroquinerie pour revisiter le répertoire du groupe. C’est, sous des lumières en clair-obscur, une plongée dans le post-punk de la fin des années 80. D’emblée, le chant habité de Simon Bonney nous aspire. Le premier morceau est un extrait de Shine. All Must Be Love est joué avec ferveur, l’auditoire est immédiatement captivé.




Le Berlin post-punk


Difficile de ne pas être troublé par la voix rocailleuse de Simon Bonney. On est pris aux tripes, portés par des mots qui nous plongent dans une atmosphère mélancolique, accueillant presque amoureusement le désespoir, cette harmonie parfaite entre paroles et musique qui vous emporte. L’interprétation en impose. Parfois, elle se fait plus folk, plus réjouissante, voire country. C’est notamment le cas lorsque I Have the Gun, un titre écrit lors de la première reformation du groupe, est joué. Cela permet de mieux replonger dans la noirceur avec The Bride Ship, morceau titre du superbe album à la non moins superbe pochette. Dans la foulée, The Free World est tout aussi habitée.



Habitée, l’interprétation faite ce soir de Six Bells Chime, le sera également. C’est parti pour une plongée dans le Berlin post punk de la fin des années 80, les anges des Ailes du Désir planent inexorablement sur la petite salle du XXe arrondissement.

Steal to the Sea puis On Every Train (Grain Will Bear Grain) maintiennent la tension jusqu’au The Last Dictator II et IV joués en final, Bronwyn Adams abandonne son violon pour chanter en duo avec Simon.




Un groupe injustement méconnu


Un rappel s’impose évidement. Ce sera The Dolphins & the Sharks, un autre extrait de Paradise discotheque. Les musiciens quittent à nouveau la scène pour finalement revenir une seconde fois à la demande du public. American Twilight clôt d’une manière définitive ce sublime concert alors que Bronwyn Adams invite les spectateurs à aller acheter des tee-shirts pour permettre au groupe de continuer à tourner.


A l’heure du bilan, on peut quand même s’étonner du manque d’audience de Crime and the City Solution, la Maroquinerie était loin d’être remplie ce dimanche, alors que Nick Cave, dans le même registre, joue dans de grandes salles à guichets fermés et même en tête d’affiche dans les plus grands festivals. Simon Bonney, derrière sa barbe grise, n’a visiblement scéniquement et musicalement pas grand-chose à envier à son glorieux compère, si ce n’est bien sûr l’immense succès que ce dernier connait justement désormais.



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